expression de vie

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Nouveaux Traitements (articles publiés en 2015)

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1) - Le professeur Catherine Thieblement, Chef de service dermatologie-oncologie àl'hôpital Saint-Louis, à Paris, explique l'action d'une thérapie ciblée contre la leucémie lymphotide  chronique.  

 

Paris Match. Quelles sont les caractéristiques des cancers lymphatiques ?

Pr Catherine Thieblemont. Les cancers des ganglions, ou lymphomes, se développent à partir des lymphocytes (les globules blancs) .On en recense environ 10 000 à 12 000 par an. Parmi eux, la leucémie lymphoïdechronique (LLC) représente 3 000 nouveaux cas annuels.

 

Quels symptômes laissent suspecter le développement d’une LLC ?
On la soupçonne lorsque les ganglions apparaissent au niveau du cou, sous les bras ou à l’aine, associés à une augmentation du nombre de globules blancs (bilan sanguin). Une grande fatigue, des sueurs nocturnes, une fièvre peuvent aussi être présentes. Cette forme de cancer atteint le plus souvent les personnes de plus de 65 ans.

 

Comment obtient-on un diagnostic définitif ?
Il s’établit avec l’analyse des lymphocytes, grâce à la prise de sang.

 

Y a-t-il une prédisposition familiale dans la survenue des lymphomes ?
Dans les cas de leucémie lymphoïde chronique, il semble exister une prédisposition avec un risque multiplié par trois si un membre de la famille est atteint. Pour les autres types, on a soupçonné un lien avec certains agents microbiens (par exemple Helicobacter pylori pour certains lymphomes de l’estomac).

LES RÉSULTATS ONT INDIQUÉ UNE NETTE SUPÉRIORITÉ DE SON EFFICACITÉ AVEC UN TAUX D’AMÉLIORATION DE 85 % CONTRE 25 %

Quels résultats obtient-on ?
Ce protocole permet une rémission chez environ 70 % des malades. Malheureusement les rechutes sont inéluctables.

 

Parlez-nous du nouveau traitement porteur d’espoir. Le médicament est un inhibiteur detyrosine kinase. Son action est différente de la chimiothérapie car il agit à l’intérieur même de la cellule cancéreuse.

 

De quelle manière ?
En stoppant le signal de survie que la cellule maligne reçoit grâce au récepteur B situé sur son enveloppe. Ce signal, parvenu à l’intérieur, est propagé par des enzymes appelées “kinases”. L’inhibiteur interrompt le signal, provoquant ainsi la mort de la cellule. C’est un traitement oral (3 à 4 comprimés par jour), moins toxique que la chimiothérapie.

 

Y a-t-il des effets secondaires ?
Le traitement est bien toléré. On a exceptionnellement relevé des cas de diarrhées et d’hématomes transitoires.

 

Des études ont-elles montré son efficacité ?
Deux études ont été réalisées. La première a été conduite sur 391 patients atteints de LLC. On a comparé le nouveau médicament au traitement conventionnel. Les résultats ont indiqué une nette supériorité de son efficacité avec un taux d’amélioration de 85 % contre 25 %, ce qui représente une diminution de 78 % du risque d’évolution de la maladie. La seconde étude a été réalisée sur 111 patients souffrant de “lymphome à cellules du manteau”. Le nouveau traitement a permis d’obtenir 68 % d’amélioration chez les patients déjà traités, des résultats jugés excellents.

 

Où en est la recherche pour parvenir à une guérison ?
Un inhibiteur d’une autre kinase a récemment obtenu une autorisation de mise sur le marché. Différentes études sont en cours avec des traitements ciblant encore d’autres kinases et des médicaments modifiant le micro environnement de la cellule cancéreuse.

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2) - Lymphome de Hodgkin: un nouveau traitement augmente les chances de survie

Le Parisien | 19 Mars 2015, 15h56
 
Un nouveau traitement commercialisé aux Etats-Unis et en Europe augmente sensiblement les chances de survie des patients atteints d'un lymphome de Hodgkin, un cancer du sang qui frappe surtout les jeunes adultes, selon une étude publiée jeudi.Il s'agit du brentuximab vedotin (commercialisé sous la marque Adcetris par le laboratoire Takeda), le premier nouveau traitement mis au point en l'espace de 30 ans contre le lymphome de Hodgkin, souligne la revue britannique The Lancet Diabetes and Endocrinology, qui publie l'étude.
 

Ce produit est un anticorps monoclonal complexe, capable de reconnaître les antigènes spécifiques exprimés par les cellules cancéreuses. La plupart des patients qui sont atteints d'un lymphome de Hodgkin répondent généralement à la chimiothérapie et à la radiothérapie. Mais une minorité d'entre eux récidivent ou deviennent réfractaires aux traitements et se voient proposer d'autres traitements, comme des greffes de cellules souches, qui ne permettent pas toujours de les guérir. Présenté comme un traitement de recours dans ce type de cas, l'Adcetris a reçu une autorisation de mise sur lemarché américain en 2011 et une autre "conditionnelle" en 2012 pour le marché européen, en attendant des données supplémentaires.Dans leur étude de phase III publiée jeudi, des chercheurs dirigés par le cancérologue américain Craig Moskowitz précisent avoir testé le médicament sur 329 patients à risque élevé de rechute après une greffe de cellules souches. Deux ans plus tard, le cancer n'avait pas progressé chez 65% des patients traités avec le brentuximab vedotin contre seulement 45% dans le groupe ayant reçu un placebo.Une survie sans progression de la maladie pendant deux ans est considéré comme un bon indice d'une possible guérison. "Aucun médicament n'avait encore montré des résultats aussi spectaculaires chez des patients atteints de lymphomes de Hodgkin difficiles à traiter", souligne le Dr Moskowitz.Dans un commentaire joint à l'article, le Pr Andreas Engert de l'Université de Cologne reconnaît qu'il s'agit "d'une nouvelle approche thérapeutique prometteuse".Mais il se demande si la population testée était vraiment à risque élevé de rechute dans la mesure où 45% des patients qui avaient reçu un placebo n'avaient pas non plus récidivé à l'issue des deux ans. Il préconise en conséquence de mieux définir à l'avenir les patients susceptibles de bénéficier du traitement à base de brentuximab vedotin. EnFrance, le lymphome de Hodgkin touche moins de 2.000 nouveaux patients pas an, principalement des jeunes adultes (20-30 ans) et des plus de 60 ans.  Ce cancer est de "bon pronostic" avec un taux de survie à cinq ans de 84%.

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3) - Cancer : la révolution des traitements ciblés

Par figaro icondamien Mascret - le 23/01/2015
Notre pays a lancé un programme national de soins unique au monde.

 

Louis, 14 ans, a repris une vie normale. Il y a cinq semaines, il était en réanimation, intubé, ventilé, inconscient. Les médecins l'avaient plongé en sédation profonde car les hautes doses de morphine ne suffisaient plus à calmer ses douleurs dorsales. Ses ganglions gonflés comprimaient les racines nerveuses au niveau de la moelle épinière en raison d'un lymphome anaplasique, un cancer du sang apparu il y a six mois. L'une des pires douleurs qui soient. Jusqu'à ce qu'une thérapie ciblée lui soit proposée… «Louis a débuté le traitement le 2 décembre dernier, témoigne aujourd'hui sa mère, l'effet a été radical, en 48 heures il n'avait plus mal et 10 jours après on arrêtait la morphine.» Sur le scanner réalisé deux semaines après le début du traitement, les ganglions ont déjà fondu de moitié. Louis est un miraculé et des milliers d'autres pourraient le suivre, car il est entré dans un programme français sans équivalent dans le monde: AcSé (Accès sécurisé à des thérapies ciblées innovantes).

Le programme débute en juin 2013 sous la houlette de l'Institut du cancer (Inca) et de l'Agence du médicament (ANSM). L'objectif est de faciliter un accès sécurisé à des thérapies ciblées innovantes. Pour cela, il faut des partenaires. Les agences se tournent vers Unicancer, promoteur des deux premiers essais, et la fondation ARC, qui participe au financement. «Il faut aussi remercier Pfizer, premier laboratoire à avoir accepté de fournir gratuitement son médicament, le crizotinib, dans le cadre du programme», souligne la Pr Agnès Buzyn, présidente de l'Inca. «Et la mobilisation de tous les réseaux scientifiques, nationaux ou régionaux.»

Tout patient peut y être inclus

Car l'ambition d'AcSé (qui en fait un programme unique au monde) est bien que tout patient français, éligible à un traitement ciblé susceptible d'être actif sur le profil particulier de «son» cancer, puisse en bénéficier. «Il y a, à ce jour, 152 centres dans lesquels est ouvert le programme AcSé», se félicite le Pr Gilles Vassal, directeur de la recherche clinique de Gustave-Roussy et coordonnateur de l'essai AcSé. «Les centres s'ouvrent à mesure que de nouveaux patients arrivent», explique Agnès Buzyn. C'est la deuxième particularité d'AcSé: tout patient peut y être inclus, où qu'il soit pris en charge sur le territoire, contrairement aux essais cliniques, qui n'ont qu'un nombre de centres limités.

Le crizotinib est un anticancéreux d'administration orale, en principe réservé aux adultes souffrant d'un cancer du poumon avec une altération moléculaire particulière, appelée translocation du gène ALK. Une anomalie que ne possédait pas le cancer du poumon de Jacques, 69 ans, en échec thérapeutique après sept années et qui, de blocs opératoires en chimiothérapie en passant par des séances de radiothérapie, était arrivé au bout du parcours. «Mon médecin m'a dit que l'on pouvait tenter une nouvelle chimiothérapie ou… ne rien faire», raconte-t-il aujourd'hui.

Mais une petite porte s'est ouverte grâce au programme AcSé. «Le cœur du programme est précisément d'accélérer la recherche et la mise à disposition des molécules innovantes pour le patient», explique Christian Caillot, directeur de la recherche d'Unicancer. «Le crizotinib possède au moins trois cibles, ALK, mais aussi MET et ROS1, explique le Pr Vassal. Si le diagnostic moléculaire, possible partout en France grâce aux 28 plates-formes mises en place, identifie l'une de ces anomalies, le patient peut entrer dans AcSè.»

«Une révolution en marche»

Ce sera la chance de Jacques. «J'avais la mutation ROS1. On m'a dit que ça n'arrivait que dans 0,8 % des cancers du poumon. Entre refaire une chimio ou ne rien faire, s'ouvrait un 3e choix: essayer ce nouveau médicament. C'est ce que j'ai fait.» Un bon choix. «Moi qui ne sortais plus et me traînait jusqu'à la salle de bain, je fais aujourd'hui une heure de sport chaque matin, je retourne à la piscine avec ma petite fille et je marche 15 km par jour avec ma femme.» Après 4 mois, son cancer avait diminué de 90 %. Même évolution spectaculaire chez Irène, dont le cancer du poumon a été diagnostiqué en 2013. Elle était sous oxygène mais n'en a plus besoin aujourd'hui. «J'ai une métastase au cerveau pour laquelle je viens de commencer les rayons (radiothérapie, NDLR), mais le cancer du poumon est en très nette régression et en dehors de la fatigue, je supporte très bien le traitement. Beaucoup mieux même que la chimiothérapie que j'avais eue en 2007 pour un cancer du sein.»

Pour le Pr François Sigaux, directeur du pôle recherche et innovation de l'Inca, «c'est la première fois que la preuve du concept de médecine de précision peut être mise en place à l'échelle d'un pays». Dans AcSé, ce n'est plus l'organe touché qui prime, mais la carte d'identité des anomalies fonctionnelles du cancer d'un patient donné. «Une révolution en marche», s'enthousiasme Axelle Davezac, directrice générale de la Fondation ARC. «C'est un modèle complètement nouveau», remarque Cécile Delval, directrice de l'évaluation de l'ANSM, «avec l'organisation d'essais pour que les patients soient mieux suivis et leur sécurité bien assurée».

Cent cinq patients, dont trois enfants, sont désormais entrés dans AcSé. L'avant-garde d'une révolution française en oncologie.



22/06/2015
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